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Justine Joly, née en 1993, est une artiste française. Elle vit et travaille à Paris.
Diplômée de l'Ecole nationale supérieure des Arts Décoratifs.

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Chez Justine Joly, chaque dessin est un élément faisant partie d’un tout, du moins d’une continuité, d’un ensemble qui fait sens, de la même manière qu’un enchaînement de mots forme une phrase. Si chaque dessin est un mot, alors chaque possibilité d’agencement crée un récit différent. Surtout, en conférant aux dessins une capacité proprement textuelle de support qui se lisent dans la durée, les uns après les autres. Lire l’image comme un poème ou voir le poème comme une image. Chez Justine Joly, cette dichotomie est congédiée : on voit un récit et on lit des images. Mais la narration qu’elle met en place est une narration lacunaire, dont le sens n’est fourni que par le point d’où elle est vue (lue).

La circulation ouverte du récit, tout comme cette attention au statut de chaque art, trouve une correspondance directe avec l’iconographie déployée dans les dessins de l’artiste. Se révèle un double intérêt dans la pratique dessinée de Justine Joly : le passage et le cadre. [...] Ces deux motifs apparaissent vraisemblablement comme les deux revers d’une même pièce, que l’on pourrait résumer dans cette question : comment entrer dans une image délimitée par un cadre ? Une des réponses fournies par l’artiste est d’ordre poétique et silencieuse : ces scènes statiques, où nulle action n’a lieu, sont empreintes d’une douce atmosphère, permise par la large gamme de modelés de gris du fusain. Les objets qui s’y déploient sont marqués d’une dimension générique et minimale : cailloux, livre blanc, rebord droit et lisse. En somme, il ne s’y passe rien. Et c’est peut-être là que se trouve l’originalité du travail de Justine Joly : la facture a beau être réaliste, le sujet est abstrait. Autrement dit, l’artiste montre concrètement qu’il n’y a rien à voir ; si ce ne sont des espaces domestiques ponctués d’une lumière venue de l’extérieur. Cette dialectique du dedans et du dehors est formulée par Gaston Bachelard, dans sa « Poétique de l’espace », par l’expression oxymorique « immensité de l’intime », désignant une rêverie infinie qui est à la fois en nous et dans les premiers lieux que nous habitons.

 

Texte d’Elora Weill-Engerer
 

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Exposition

2023 Biennale d'issy Le rêve à ses raisons, Musée de la carte à jouer, Issy
7e édition Rendez-vous à Saint-Briac, Galerie la Boucherie
100% gravure, Villa Belleville, Paris

2022 La vie là, Galerie Wagner, Paris
Les Champs Libres, Galerie du Crous, Paris, 

Entre les deux le homard des arbres, Villa Belleville, Paris
Avis aux amateurs, Villa Belleville, Paris
2021Jack en ballade, presbytère de Saint-Briac

2020 Design Parade 5th, Toulon
Sélection Prix Pierre David - Weill 2020, exposition en ligne (covid-19)

2019 Sélection Prix Pierre David - Weill 2019, Cité internationale des arts, Paris
2018 Lieu Dit, Abbaye de Léhon, Dinan
La singularité des parties, EnsAD, Paris
Art Nouveau Revival, Curieuse Nocturne au Musée d'Orsay, Paris
2016 Strabisme, Le merle moqueur, Paris
2015 FID Prize 2015, ESA, Tourcoing

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Résidence & prix

2020 . 2021 Résidence à l'Apostroff', Plateau Urbain, Malakoff
2020 Nominée lors du Prix du dessin Pierre David - Weill
2020 Résidence au Shakirail, Curry Vavart, Paris
2019 Nominée lors du Prix du dessin Pierre David - Weill
2018 Résidence aux Ateliers du Plessix-Madeux, Dinan
2015 Nominée lors du prix de dessin FID Prize

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